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Five eyes
2025-12-19 12:57:37

Five eyes

Il m’enseigna mes premières chansons de Leonard Cohen. Je me souviens qu’il m’avait dit: «There is a crack in everything, that’s how the light gets in.» Et cette fissure, ce passage de lumière, devint pour nous un espace de liberté. Il m’invitait chez lui, en périphérie de la ville, où nous organisions des fêtes clandestines.

On y parlait de Jacques Brel, de l’art de s’habiller pour soi-même, et le nom de Paul Bowles revenait souvent, comme la rumeur d’un monde à atteindre. Il me racontait des anecdotes sur l’écrivain et nous imaginions, en riant, une promenade avec lui sur la plage de Merkala.`

L’année suivante, alors que nous achevions nos études, lui regardait déjà au-delà de nos horizons de jeunesse. Il s’inscrivit à l’Institut Goethe pour perfectionner son allemand. Il disait que son avenir appartenait au cinéma, et que l’Allemagne serait la terre où ce destin se réaliserait. Nous étions stupéfaits, mais lui n’avait aucun doute : sa vie serait le cinéma. Et sur sa route, Paul Bowles allait réapparaître, comme une présence qui relie les époques.

Des années plus tard, ce même garçon — Karim Debbagh — deviendra l’un des derniers jeunes Marocains à avoir connu intimement Paul Bowles. Aujourd’hui, il retourne à Tanger pour retrouver les traces du célèbre écrivain américain à travers un documentaire tissé d’images qu’il avait lui-même filmées il y a vingt-cinq ans.....

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